LA SOCIETE

TOME 5

(suite)

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LES ETATS  

 

 

LES FORMATIONS POLITIQUES

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CHAPITRE 5
 
 
LES FORMATIONS POLITIQUES
 

 

 32. Considérée sous l'angle du pouvoir qui s'y exerce, une société apparaît dotée d'une certaine organisation qui la spécifie. Quand l'analyse théorique isole cet aspect de la structure sociale, elle considère la société comme une formation politique, comme une FP. Celle-ci est d'abord un Etat, si bien qu'il convient d'en organiser la représentation autour des divers types d'Etat, quitte à rassembler cas par cas toutes les données requises pour bien comprendre ce qui spécifie le type d'Etat considéré. Que ces données soient multiples ne peut surprendre si l'on se souvient que la FP désigne l'ensemble de la structure sociale considérée sous l'angle de son agencement politique. En chaque cas, il s'agit, en premier lieu, de reconnaître la forme de la domination exercée par l'Etat, grâce à l'appareil dont il dispose. En second lieu, il s'agit également d'examiner les diverses formes de société civile (SC)qui peuvent être associées à l'Etat considéré. Puis il est utile de rappeler, en troisième lieu, la ou les formations économiques (FE) compatible(s) avec le type d'Etat considéré. En outre, il est rappelé que le détail des appareils d'Etat (AE) est explicité par le tome 3.

[N.B. - L'édition originale examine tous les types de FP, mais ici, faute de place, ne seront retenues que les formes correspondant aux cas déjà sélectionnés par les tomes précédents. De ce fait, les numéros 34 / 35 / 36 / 37 / 38 / 40 / 41 et 45 de l''édition originale ne seront pas repris.]

33. Autour de l'Etat 2 tributaire


Etat 2 tributaire

Domination tributaire

SC 1 virtuelle (avec FE 2 tributaire)

SC 2 à orientation marchande (avec FE 3 tributaire marchande )

Appareil d'Etat : AE 1 / 2/ 4 ou 5

Articulation par l'AE et tributaire

Aire politique : empire ou, plus rarement, royaume

Etat toujours présent dans le MP 2 tributaire


Les sociétés tributaires ont un impérieux besoin d'État. Le tribut qui les irrigue appelle des soins constants : entretien et extension des travaux hydrauliques, respect des cultures imposées ou conseillées, stockage, répartition et comptabilité des produits, surveillance et taxation des populations soumises dont la production est agencée selon d'autres modes de production (MP) que le tributaire, etc. La classe tributaire régnante doit, en outre, discipliner les auxiliaires parfois nombreux qui la soutiennent : tenir l'armée, contrôler les prêtres et les scribes, veiller à ce que le tribut collecté ne lui échappe pas. Surtout, elle doit résister aux assauts qui peuvent la menacer : révoltes paysannes, insoumissions d'éléments allogènes conquis mais non assimilés, convoitises d'autres puissances ou de populations pauvres et faiblement étatisées vivant à la périphérie. Toutes menaces que les crises politiques, les guerres lointaines et les novations religieuses enveniment éventuellement et qui peuvent rendre douteuse la fidélité de l'Appareil : le risque est grand que les tenants s'établissent en propriétaires de plein exercice.

L'intégration politique des empires tributaires demeure superficielle tant qu'elle se réduit à l'action du couple soldat / “percepteur” et que la classe tributaire dominante doit composer avec les classes exploiteuses locales. Mais, dans la durée, ces empires peuvent s'affermir. Par de patientes et tâtonnantes transformations, certains d'entre eux réussissent, non sans crises, à établir un AE modestement bureaucratique, à favoriser l'extension d'une ethnie privilégiée - tels les Han en Chine - à valoriser les liens religieux, les castes traditionnelles, les bons usages (li), etc. Les empires ainsi consolidés sont toujours exposés à des syncopes. Mais souvent ils se reforment sur la même aire, sinon sous la même dynastie, en Mésopotamie, en Chine, en Egypte, aux Indes, etc. Les anciennes sociétés tributaires semblent s'être longtemps dispensées des services du capital marchand, en organisant une sorte de "commerce administratif". Néanmoins un capital marchand enkysté ou subordonné a souvent réussi à prendre place en leur sein, sans que l'axe de la domination politique soit modifié pour autant.

L'extension impériale et surtout l'éventuelle activité du capital marchand complique la société civile (SC) à laquelle l'Etat tributaire doit s'adapter. Les marchands et les artisans, en s'émancipant du service du palais et en débordant de l'horizon villageois ou local, se dotent d'organisations diverses qui acquièrent un certain poids. En outre, leur activité et leur exemple provoquent une certaine diversification de l'appareil idéologique (AI) qui, à son tour, enrichit la SC.

Il appartient aux historiens de départager, État par État et période par période, ce qui est contagion superficielle et ce qui est transplantation rélle du modèle tributaire. De nous dire, par exemple, si l'imitation par l'Empire romain au Ier siècle après J.-C., du modèle égyptien, affecte plutôt la forme du régime politique, alors que, deux siècles plus tard, l'imitation du modèle sassanide serait plutôt à interpréter comme une transformation en profondeur d'un État, jadis esclavagiste. Ou de dire, par autre exemple, si Byzance prolonge cette mutation tardive de l'Empire rornain et transmet quelque chose de cet héritage politique aux États turc et arabe qui prennent sa relève, etc.

 
39. Autour de l'État 7 ou Cité II


Etat 7 Cité II (ou "médiévale")

Domination patricienne corporative

SC 2 à orientation marchande corporative (avec FE 8 capitaliste marchande)

SC 3 à orientation citoyenne (avec la même FE)

Appareil d'Etat : AE 3 / 4 ou 5

Articulation par l'AE et citoyenne

Aire politique : du contado (souvent aussi : empire colonial lacunaire)

Etat éventuellement présent dans un MP 8 servagiste


Les cités artisanales marchandes qui accèdent à l'indépendance sont sans doute minoritaires, en Europe comme sur les autres continents, car la souveraineté politique n'est pas indispensable à leur essor. L'indépendance s'établit lorsque l'État où mûrit la ville est trop étranger aux préoccupations commerciales et trop faible pour les contenir. Une fois établie, elle persévère tant que la richesse et surtout la puissance acquises surclassent celles des États voisins, ce qui dépend notamment du site et des accès maritimes, fluviaux, routiers ou caravaniers. De multiples exemples italiens, hanséatiques, arabes, indiens ou malais illustrent le propos précédent.

La Cité II se caractérise en termes politiques par deux novations. D'une part, l'Etat est, à la limite, indifférent à l'activité agricole, dès lors que des ressources lointaines peuvent être acquises à bon prix et transportées sans risques excessifs. La seconde novation tient à la liaison organique qui s'établit entre l'Etat et la SC par le système plus ou moins développé des corporations. Celles-ci organisent le noyau de la population et participent sous des formes variables à l'agencement étatique. Elles sont l'élément prépondérant de la SC et se mêlent à l'Etat.

Ces sociétés où le capital marchand détermine la principale forme d'exploitation - mais non la seule - sont soumises à une domination où les exigences propres au grand négoce doivent nécessairement se combiner avec les besoins de l'artisanat, avec les intérêts d'une propriété foncière rarement négligeable et avec les contraintes propres à l'agglomération urbaine d'une population composite. On ne comprendrait rien à cette domination si on la déclarait purement "marchande", ni à plus forte raison si on l'imaginait "féodale". En fait, c'est une domination patricienne corporative. Corporative par son assise institutionnelle principale, mais patricienne parce qu'une concentration du pouvoir s'opère au bénéfice des riches familles du négoce, de l'armement naval (ou caravanier) et de la banque, lesquelles se mêlent plus ou moins aux éléments de l'aristocratie foncière.

Le tableau qui précède doit beaucoup à l'Italie des 11è-14è siècles, mais rien ne porte à penser que les Cités italiennes aient été atypiques. Il faut cependant s'attendre à trouver dans les Cités qui s'épanouissent en d'autres espaces-temps et, donc aussi, en d'autres civilisations, des écarts divers : des régimes où le système corporatif est moins développé; où, plus encore qu'à Gênes, une alliance entre les classes artisanales marchandes et les classes propriétaires du sol (esclavagistes ou servagistes) déforme l'agencement du pouvoir (émirats, khanats, etc.). Il faut être attentif également aux formes de transition qui peuvent s'établir à l'origine ou au terme de la vie politique indépendante des Cités, car celles-ci ne sont pas toutes nées d'une révolution communale victorieuse, ni mortes par destruction ou par annexion soudaine à quelque autre État. Mais il faut surtout être attentif à la spécificité des Cités II – et ne point les noyer dans quelque “État féodal” passe-partout...

 

42. Autour de l'Etat 9 aristocratique bourgeois.


Domination aristocratique bourgeoise (avec FE 10 domaniale capitaliste)

SC 2 à orientation marchande (occurrence rare)

SC 4 à orientation libérale contrariée

SC 5 à orientation libérale

SC 6 sous contrainte dictatoriale (occurrence rare)

Appareil d'Etat : AE 5 / 6 ou 7

Articulation par l'AE; éventuelle articulation parlementaire

Aire politique : marché national, empire colonial

Etat souvent présent dans le MP 9 latifondiaire et, éventuellement, dans le MP 10 capitaliste


Les sociétés domaniales capitalistes sont celles où l'accumulation du capital, antérieurement amorcée, prend un élan décisif., par exode rural et élimination plus ou moins complète des contraintes corporatives et villageoises. Si la domination politique tarde à accélérer ces transformations, elle s'expose aux révoltes d'une bourgeoisie libérale riche et influente. Si elle s'y emploie, il lui faur contebnir les révoltes latentes ou éclatantes de la paysannerie pauvre et des artisans et compagnons, encore que l'émigration puisse servir d'exutoire. Par ailleurs, le partage du surplus entre rente et profit conduit assez vite à de rudes conflits entre propriétaires fonciers ou paysans exploitants, d'une part, et capitalistes industriels, d'autre part. Tout le sort de l'Ancien Régime se joue là derrière.

Les sociétés domaniales capitalistes sont des sociétés de transition, dans l'ordre économique comme dans l'ordre politique. Elles sont soumises à une domination que l'on peut dire aristocratique bourgeoise parce qu'elle tient la balance plus ou moins égale entre les formes d'exploitation rentière et capitaliste, et parce qu'elle partage le pouvoir, sous des formes d'ailleurs variables, entre l'ancienne aristocratie des propriétaires fonciers et les nouvelles élites de la bourgeoisie manufacturuère et industrielle, sans que les couches supérieures de la classe capitaliste marchande (banque encore incluse) soient exclues du partage. L'angleterre , puis la France du 18è et du premier 19è siècle, l'Allemagne jusqu'à l'extrême fin du 19è siècle et bien d'autres Etats européens relèvent de ce type de formation politique (FP). Rares sont , parmi ces Etats, ceux où la libéralisation de la SC s'opère sans trop d'accidents, comme en Angleterre; moins rares sont ceux où, comme en France, cette libéralisation progresse par bonds révolutionnaires et reculs provisoires. Mais la Russie où cette FP persiste jusqu'aux révolutions de 1905 et 1917 ne se départit jamais de sa SC "gélatineuse" , c'est-à-dire à développement retardé par contrainte.

43. Autour de l'Etat 10 ou République bourgeoise I.


Domination libérale bourgeoise (avec FE 11 capitaliste)

SC 4 à orientation libérale contrariée (occurrence rare)

SC 5 à orientation libéralr

SC 6 sous contrainte dictatoriales (occurrence assez rare)

Appareil d'Etat : AE 6 / 7 / 8 ou 9

Articulation par l'AE et parlementaire

Aire politique : marché national, empire colonial

Etat souvent présent dans le MP 10 capitaliste; plus rarement dans les MP 12 étatique capitaliste ou 14 rsclavagiste concentrationnaire

 


Pour tout ce qui se rapporte directement au fonctionnement du MP capitaliste, une telle société se maintient "en autorégulation...de façon "autonome...en tant que sphère prééxistant à l'Etat et le fondant", comme le souligne Habermas.1 Dès lors, l'Etat apparaît comme "l'organisation que la société bourgeoise se donne pour maintenir les conditions extérieures générales du mode de production capitaliste, contre les empiètements venant des ouvriers comme des capitalistes isolés".2 Les impôts, ces "faux frais de la production" lui sont chichement mesurés, car l'Etat, partie prenante au partage du surplus est soumis au contrôle (parlementaire) de ses concurrents.

A titre principal, cet Etat est le gardien des intérêts, des institutions et des usages du marché. Il doir déblayer les obstacles hérités de l'histoire, les privilèges, les corporations, les poids et mesures hétéroclites, les octrois et autres entraves à la circulation des marchandises, etc. L'exigeante logique de VE requiert un grand nettoyage de tout ce bric-à-brac. Néanmoins, le règne de la raison marchande ne s'accomplit nulle part, il doit partout composer avec le passé, c'est-à-dire avec des classes sociales encore massives. L'Etat est le gérant des soubresauts politiques des classes ancrées dans les MP "surannés". Il est aussi le gardien du nouveau régime marchand contre les classes "dangereuses" que l'industrie agglomère. et, de ce côté, la prudence lui impose peu à peu de recourir à un premier arsenal de lo que l'on dira, plus tard, "sociales". Mais les perturbations majeures de l'ordre social qu'entraînent les spasmes cycliques de la reproduction élargie du capital , les crises, le chômage, l'inflation, etc. sont imputés à une fatalité sociale devant laquelle l'Etat s'incline.

L'Etat capitaliste est généralement de forme représentative. Le suffrage universel devient peu à peu le pendant politique de l'équivalent universel (qu'est l'argent dans les échanges économiques) et de l'égalité qui devient la pierre de touche des nouvelles idéologies. Bref, la domination est libérale et bourgeoise; libérale car sa visée principale est de laisser faire le marché, de favoriser la libre entreprise; bourgeoise, parce qu'elle sert ainsi les intérêts de la principale classe dominante. Dans ce cadre, la SC se développe au bénéfice de lois qui libéralisent peu à peu l'association syndicale ou partisane, l'expression d'opinions diverses et les confrontations parlementaires. Cette dynamique démocratique a, toutefois, sa contradiction : même imparfaite, l'organisation des classes donne à leurs luttes une puissance accrue qui peut conduire des formes de régime qui mettent en péril la domination établie (par exemple à la manière des "fronts populaires" des années 1930) ou, plus souvent encore, qui font dériver celle-ci vers un durcissement "fasciste"

 
44. Autour de l'État 11 ou République bourgeoise II


Domination interventionniste bourgeoise

SC 4 à orientation libérale contrariée (avec FE 12 capitaliste monopoliste )(occurrence rare)

SC 5 à orientation libérale (avec une même FE 12 ou avec une FE 13 étatique monopoliste

SC 6 sous contrainte dictatoriale (avec l'une des deux FE précédentes)

Appareil d'Etat : AE 6 ou 7 (rare) 8 / 9 /10 ou 11

Articulation par l'AE et parlementaire; naissance de l'articulation "welfariste"

Aire politique : marché national; empire colonial)

Etat souvent présent dans le MP 10 capitaliste; toujours dans Ie MP 12 étatique capitaliste; parfois dans le MP 14 esclavagiste concentrationnaire


La priorité accordée à la logique de la valeur d'échange (VE) par la domination libérale bourgeoise finit par mettre en péril l'existence même du capitalisme : la concentration monopoliste du capital suscite des révoltes qui s'étendent de la petite production rnarchande au petit capital; les spasmes conjoncturels du capitalisrne concentré ébranlent tout l'édifice social; les affrontements impérialistes des puissances où le capital se concentre conduisent de proche en proche à des guerres véritablement mondiales; des guerres et des révolutions anti-capitalistes ou anti-impérialistes accusent le péril. On sait ce qu'il advient alors des FE qui demeurent capitalistes : elles deviennent de type monopoliste (FE 12), puis subissent une irruption massive de l'Etat dans la structure économique (FE 13), après quoi elles oscillent plus ou moins dans l'espace FE 12 - FE 13. La nouvelle domination qui s'établit sur la base de ces FE entretient des rapports complexes avec une exploitation qui, pour l'essentiel, demeure capitaliste. Il s'agît toujours de maintenir un ordre social où l'accumulation du capital se poursuit selon ses automatismes propres; mais aussi de conforter cette accumulation, voire de la relayer, en usant de tous les leviers nouveaux dont l'Etat peut se doter, quitte à infléchir plus ou moins la distribution des "dividendes du progrès"3 au bénéfice des classes exploitées. Le circuit impôt / dépense, moteur auxiliaire de l'économie et coeur de l'État, semble devenir le coeur de la société tout entière; il irrigue toutes les “politiques” spécialisées, attendues de l'État en matière scolaire et culturelle, sanitaire et sportive, etc., ad infinitum.

Naguère libérale, la domination devient interventionniste, mais elle demeure bourgeoise, nonobstant la grande diversité des formes de régime par lesquelles elle se manifeste. La principale classe dominante demeure la classe capitaliste, même si ses liens se distendent avec une classe régnante dont l'autonomie s'accroît souvent. En règle générale, l'affirmation du nouveau type d'Etat s'opère par une crise politique, sous couvert d'un régime fasciste ou d'une poussée à gauche. Il se distingue du précédent par la forme radicalement nouvelle que prend la gestion des luttes de classes. Dans la République bourgeoise I, l'Etat ne s'impliquait pas directement dans toutes les luttes de classes, à tous les stades. Il laissait aux capitalistes et aux ouvriers le soin de régler leurs comptes entre eux, sauf à réprimer les désordres corrélatifs et à reconnaître, avec retard, les conquêtes ouvrières, tel le droit de se syndiquer. La novation politique est partout intervenue lorsqu'il est apparu qu'à se livrer passivement à de telles fatalités, l'État lui-même risquait de sombrer, à la manière russe. Non sans tâtonnements empiriques, la domination est devenue interventionniste pour assurer la survie des classes dominantes. La République bourgeoise II désigne l'État ainsi transformé, plongé dans la gestion économique, agent central de la reproduction élargie du capital.

Dans les pays où la crise politique a été particulièrement vive, où aucun contrepoids impérialiste n'en a corrigé les effets et où, enfin, la SC n'était pas porteuse d'une longue tradition libérale, une contrainte dictatoriale a étouffé les acteurs de la crise politique, avant de porter remède à celle-ci. Cependant, la SC 5 (à orientation libérale) a survécu dans les pays où l'un des facteurs précités le permettait.

La République bourgeoise II présente trois traits politiques remarquables que l'organisation tout à fait contrastée des SC 5 et 6 (et des régimes politiques) n'arrive jamais à dissimuler. Premier trait : la prime d'assurance à payer pour protéger l'ordre établi devient très élevée et elle charge les intérêts communs d'une signification nouvelle. Cette prime se mesure à l'ampleur énorme des transferts sociaux générateurs d'un Etat-Providence ou Welfare State. Second trait : l'interventionnisme qui caractérise la domination dans les Républiques bourgeoises II est d'ordre économique. L'habitation, la scolarisation, l'urbanisation et maintes autres activités sociales passent, peu ou prou, sous la coupe d'institutions étatiques. Troisième trait : le Parlement devient insuffisant pour ajuster la SC à l'État. Dans toutes les Républiques bourgeoises II, le Parlemest est plus gênant que dans le type d'État précédent. Des luttes de classes plus complexes en font une chambre d'échos d'autant plus dangereuse que la situation est plus tendue. Dans toutes les sociétés où une contrainte dictatoriale menace ou s'établit, les arguments anti-parlementaires jouent toujours un grand rôle à cette fin. Dans les sociétés où l'orientation libérale de la SC est respectée, des procédures d'exception apparaissent néanmoins pour contenir le Parlernent.

La domination, devenue interventionniste, oblige l'État à décider sans cesse, en d'innombrables matières spécialisées dont les Républiques bourgeoises I n'avaient pas à connaître ou dont elles ne traitaient que très exceptionnellement. Le Parlement classique se révèle inadapté à l'exercice d'une domination interventionniste.

La principale menace qui pèse désormais sur les Républiques bourgeoises II tient à l'internationalisation progressive de la FE 12. La domination interventionniste exercée par chacun de ces Etats est, de la sorte, placée en porte-à-faux. L'aire de domination politique perd sa signification économique. Le système comp1exe des interventions étatiques par lesquelles les luttes de classes sont gérées dans un pays donné demeure ajustable tant que ce pays constitue un marché national. L'essor du capitalisme "multinational” enlève aux États beaucoup de leurs prises. L'exportation massive de capitaux et d'usines en des pays moins développés s'analyse entre autres comme une exportation de la matière imposable. Exportation qui n'empêche pas la croissance de la prime d'assurance politique à payer, bien au contraire.

 
46. Autour de l'Etat 13 militaire nationalitaire


Domination militaire nationalitaire (associée à une FE 16 domaniale étatique capîtaliste)

SC 2 à orientation marchande (occurrence rare)

SC 4 à orientation libérale contrariée

SC 5 à orientation libérale

SC 6 sous contrainte dictatoriale

Appareil d'Etat : AE 5 / 6 ou 7. Les variantes : AE 8 ou 9 sont plus fréquentes.

Articulation par l'AE et éventuellement parlementaire ; formation, parfois, d'une articulation "welfariste"
Aire politique : marché nationa1

Etat éventuellement présent dans un MP 9 latifondiaire, dans un MP 10 capitaliste et dans un MP l4

esclavagiste concentrationnaire; toujours présent dans un MP 12 étatique capitaliste


Les sociétés assises sur une FE 16 ont un urgent besoin d'Etat, car elles mêlent à doses variées des formes hétéroclites d'exploitation dont la coexistence fait leur singularité. Il leur faut notamment soutenir ou tolérer l'exploitation rentière des domaines latifondiaires, mais aussi prêter un concours à une exploitation capitaliste privée, d'échelle souvent modeste; et, enfin, activer un secteur public non négligeable. En outre, la domination doit toujours s'adapter à la position dépendante où le système mondial tient nécessairement ces sociétés, fruits tardifs de 1'impérialisme.

Les formes de domination héritées de l'histoire ou imitées de pays plus développés conviennent mal à ces sociétés, car elles ne répondent pas directement à l'ensemble des besoins d'Etat qui naissent des luttes de classes. Un meilleur accord est atteint lorsque mûrit un nouveau type de domination qui, sous des régimes d'ailleurs très variables, recentre l'Etat sur l'essentiel. L'essentiel ? Une armée pour tenir le pouvoir et convertir la population en une véritable nation, tout en gérant au mieux les contradictions nationales et internationales qui ne peuvent être tranchées ou dépassées sans délai. L'armée n'est plus seulement le bras séculier du pouvoir, elle devient la principale sinon la seule pourvoyeuse de la classe des régnants. Comme dans les anciens empires esclavagistes ou tributaires, la carrière militaire redevient l'une des principales filières de la promotion sociale.

La domination militaire qui se manifeste ainsi hâte la maturation de la nation. Rares sont, en effet, les sociétés concernées où le sentiment de commune appartenance à une même nation ait déjà atteint sa pleine maturité. La domination s'emploie comme modérateur ou comme réducteur des divergences d'intérêts, des différences ethniques ou religieuses et des dangereuses luttes de classes ouvertes. La domination militaire nationalitaire ne peut évidemment pas gommer ces antagonismes réels, mais elle peut en comprimer ou en canaliser les effets. Beaucoup d'Etats militaires nationalitaires sont nés d'une décolonisation politique, conquise parfois de haute lutte et qui, de ce fait, a pris l'allure d'une révolution nationale. De l'Indonésie à l'Inde et de l'Egypte à l'Algérie, les exemples sont nombreux.

Les Etats 13 sont modernes par leur date de naissance, modernes aussi par une part de leurs structures économico-politiques, mais nullement dégagés pour autant des archaïsmes de la propriété foncière, des séquelles du servage et de tous les freins corrélatifs à l'accumulation primitive du capital, archaïsmes et séquelles qui ont évidemment de lourds corollaires dans la structure idéologique.

Les ressources étatiques tirées des concessions minières et pétrolières qui exploitent les richesses naturelles locales permettent parfois de porter les effectifs de l'armée et des autres appareils bien au-delà de ce que la société pourrait supporter de par l'impôt extrayable de sa propre production. Cette hypertrophie de l'AE, éventuellement redoublée par une politique “sociale” généreuse déforme la structure des classes et soumet l'activité politique à de nouvelles règles. Elle permet d'éluder, pour un temps, certaines des tensions sociales (y compris celles qui naissent d'une très forte démographie) et elle retarde les réformes et le recentrage sans lesquels ces pays sont condamnés à la stagnation.

La société civile (SC) à orientation libérale, c'est-à-dire la liberté pratique d'association et le fonctionnement d'un véritable Parlernent, ne se rencontre que de façon assez rare – en Inde par exemple. La plupart des États 13 s'appliquent à des SC beaucoup moins libérales : SC 4 dans les pays les moins développés, comme l'Indonésie, mais aussi SC 6 dans les sociétés les plus avancées, comrne l'Argentine ou le Brésil. Pour d'autres types d'État et de FE, les particularités locales sont souvent secondaires. Ici, par contre, elles sont toujours décisives, parce que chaque FE domaniale étatique capitaliste est une variante originale d'un déséquilibre structurel et chaque État 13 une réponse originale à la variante de déséquilibre localement en vigueur.

[N.B. Ce texte date de 1981]

 
47. Autour de l'État 14 “soviétique”


Domination bureaucratique partisane (avec une FE 17 de transition étatique socialiste ou FE 18 étatique socialiste)

SC 7 sous contrainte communiste

Appareil d'Etat : nombreuses variantes avec la FE 17; toutes tendent vers AE 12 ou 13 avec la FE 18

Articulation par l'AE et "welfariste" (pour autant que le développement de la FE le permette)

Aire polilique : "marché national"

Etat toujours présent dans le MP 15 étatique socialiste et, toutes les fois où il existe, dans le MP 14 esclavagiste concentrationnaire


La domination caractéristique d'un État “soviétique” naît toujours du renversernent violent de la domination antérieure, soit par une rupture révolutionnaire, soit par l'effet d'une intervention extérieure. En ce dernier cas, c'est une armée étrangère qui fait la décision en renforçant ou en contrariant la résultante des luttes de classes internes. Nonobstant la diversité des formes de régime observables dans les sociétés assises sur des FE 17 ou 18, c'est, au fond, le même type de domination qui s'exerce dans les unes et les autres. Pour en juger, il n'est que d'observer la transformation politique qui donne naissance à cette domination. Dans les sociétés concernées, l'analyse instancielle permet de distinguer plusieurs transformations, liées entre elles, mais qui ont chacune leur rythme propre, d'ailleurs dépendant des circonstances internationales et locales. L'une de ces transformations, de beaucoup la plus lente, intéresse la structure idéologique : nous la retrouverons au prochain tome. Une autre transformation, qui est toujours la plus rapide, concerne la structure politique et, spécialement, le pouvoir d'État. La troisième, enfin, se joue dans la formation économique. Elle s'achève lorsque la prépondérance du MP 15 étatique socialiste est assurée.

Pendant la phase de transformation politique, c'est-à-dire pendant la période de destructuration / reconstruction du pouvoir d'État, une analyse très fine des rapports politiques entre les classes sociales permettrait de distinguer, éventuellement, divers nouveaux types de domination qui peuvent s'esquisser, mais n'arriveront pas à maturité : à doses variables, la classe ouvrière, diverses classes paysannes et plusieurs éléments des “classes moyennes” peuvent sembler en mesure de conquérir une position dominante. Mais, à l'instar de la Russie soviétique, ces esquisses sont assez vite gommées, cependant que se construit la nouvelle classe étatique socialiste. La nature sociologique de son recrutement initial, la forme politique de son organisation partisane et la teneur idéologique du discours “marxiste” qu'elle profère peuvent masquer, à cette classe comme à ses voisines ou rivales, l'essence de la novation sociale qui s'opère, mais celle-ci ne s'en poursuit pas moins avec une inflexible logique.

Très vite, le pouvoir inclut tous les attributs d'une propriété appliquée à des moyens de production très diversifiés et il a de multiples autres fonctions. Il s'appuie sur un appareil d'État sans commune mesure avec celui des États anciens et il tend à maîtriser pleinement un ensemble complexe d'appareils idéologiques. Les luttes de classes qu'il doit canaliser ou inhiber sont celles d'une société où s'affirme, dès que possible, une dominante industrielle et urbaine. Les intérêts communs dont il est le gérant, même s'ils n'ont pas un caractère aussi substantiel que dans les sociétés capitalistes développées, n'en sont pas moins ceux d'une société qui se modernise rapidement : des équipements collectifs de plus en plus nombreux, des services publics diversifiés, des dotations budgétaires point négligeable, jouant un rôle analogue à celui de l'articulation "welfariste", donnent du corps à ces intérêts, cependant que la rnaturation accélérée des identifications nationalitaires les cimente. Toutefois, la maturation des nations est un processus complexe et contradictoire, dans celles des sociétés étatiques socialistes qui, comme l'URSS et la Chine, ont hérité d'anciennes colonies intérieures.

La domination est essentiellement bureaucratique et partisane. La dire partisane, c'est faire référence à tome_3e.html l'outil politique spécifique grâce auquel elle contrôle l'appareil d'État et s'enracine dans la société civile. Le parti assure le recrutement et le renouvellement de la classe dominante et donne à celle-ci une forme hiérarchisée et une idéologie élitique et pragmatique qui favorise son identification. D'autre part, cette domination est bureaucratique, non point en raison de l'AE qui la soutient – car l'appareil d'État excède de beaucoup la classe "bureaucratique": il devient “planificateur” au sens du tome 3 – mais bien parce qu'elle soumet toutes les procédures de décision à un même modèle, qui est celui de l'administration. Les décisions économiques, ailleurs orientées par le marché, les décisions politiques, ailleurs influencées par les organes de la société civile, les décisions idéologiques, ailleurs ajustées aux stratégies diverses d'AI différents, sont presque toutes prises, ici, dans un même moule, selon des procédures analogues ou faiblement différenciées. L'entreprise, le journal, le syndicat ou l'hôpital (et le parti lui-même...) tendent à être organisés comme le sont habituellement une administration ou une armée.

La domination bureaucratique partisane s'établit par une réorganisation de l'État qui, toujours, entrelace quatre mouvements principaux. Premier mouvement : (ré)organiser et renforcer l'armée pour faire face aux menaces extérieures, souvent réelles, et surtout pour soutenir le nouveau pouvoir. Second mouvement, toujours étroitement mêlé au premier : accompagner la révolution sociale d'un intense travail politique et idéologique dont le parti comnuniste est l'agent principal et, très vite, l'agent exclusif. Travail qui conduit à une étroite coopération du parti et de l'État et qui, jusqu'à présent, s'est toujours concrétisé par la transformation dudit parti en un appareil d'Etat généralement prépondérant. Troisième mouvement qui requiert de plus longs délais avant de produire tous ses effets : agencer le contrôle étatique sur la structure économique révolutionnée. Le degré du développement économique antérieur, les particularités de la conjoncture économique et politique, l'existence ou non d'un volant suffisant de cadres techniques récupérables, la tâtonnante invention de nouvelles formes d'organisation des unités économiques et de coordination de leurs activités, ou l'adaptation non moins tâtonnante des formes déjà expérimentées par d'autres États 14 imposent une transition dont la durée dépend également de l'intensité des luttes expropriatrices. Quatrième mouvement, enfin : établir et généraliser 1e contrôle de l'État sur l'appareil idéologique (AI). Dans la phase turbulente où l'État 14 se construit, il est rare que ce contrôle puisse s'imposer aisément. Seuls font exception, à cet égard, les pays d'Europe orientale où le modèle soviétique a été appliqué au sortir d'une guerre qui, déjà, avait bâillonné maints AI (aidée en cela par les régimes politiques d'avant-guerre). Partout ailleurs, l'AI a dû être domestiqué, non sans délais.

Les décalages entre ces divers mouvements expliquent les particularités initiales des SC associées aux États 14 naissants. Dans les sociétés les moins développées, la période révolutionnaire se caractérise souvent par un renforcement de la SC. Des associations, des syndicats, des partis même se forment ou s'étendent, d'autres appareils idéologiques font de même, dans la presse notamment. La crise qui secoue l'ancienne structure étatique donne aux antennes locales du pouvoir d'État des responsabilités et une autonomie accrues. Cette démocratisation accélérée de la SC est plus solide encore, dans les pays où existe déjà une SC 5, c'est-à-dire une tradition libérale bien enracinée. La conjugaison d'un Etat “soviétique” naissant et d'une SC suffisamrnent démocratique donne à beaucoup de révolutions étatiques socialistes l'allure d'un printemps heureux, d'une novation politique prometteuse, quelles que soient les difficultés locales. La Russie des premières années 1920, la Yougoslavie libérée, la Nouvelle Chine, la Fête cubaine ont été exemplaires à cet égard.

Néanmoins, lorsque l'État de type “soviétique” arrive à maturité, il s'affirme comme la pièce maîtresse d'une structure sociale où la SC n'a presque plus de base propre. L'État 14 revendique avec succès le quasi-monopole de l'organisation sociale. En certaines sociétés “soviétiques”, quelques éléments de la SC ancienne survivent au reflux. Tel est, par exemple, le cas de l'église catholique en Pologne.En outre, l'État 14 n'abolit pas l'histoire, même si ses thuriféraires passent leur temps à la récrire... L'histoire qui se poursuit est celle des affrontements internationaux dans ou hors le “camp socialiste”. Celle aussi des luttes de classes internes dont rien n'immunise ces États. L'atomisation des classes exploitées fractionne leurs grèves ou leurs révoltes, mais ne les empêche pas. La surdétermination nationalitaire de certaines révoltes ouvrières dans les pays soumis à la tutelle soviétique aboutit même, au plus fort des crises, à faire de l'État local une sorte de relais organisationnel contre le Super-État soviétique.

Les révoltes sporadiques et les crises nationalitaires sont riches d'effets que leur répression brutale dissimule tout d'abord. Il faut du temps pour apercevoir la portée des réformes économiques persévérantes que la révolution hongroise de 1956 a finalement induites. Du temps également, pour mesurer les conséquences du polycentrisme instauré par les “schismes” yougoslave et surtout chinois. La répression et la prévention empiriques de ces révoltes ont des conséquences structurelles. Leur première escalade conduit l'État au voisinage de sa limite idéale, le tout-à-l'État, lequel a pour corollaire l'extermination de toute opposition actuelle ou potentielle, collective ou individuelle, extermination dont le MP 14 esclavagiste concentrationnaire est le sous-produit. Cette escalade se heurte à des limites objectives. Elle permet de collectiviser l'agriculture, non de la rendre efficace; de bâtir une industrie lourde, non de la rendre développable en un système industriel de plus en plus complexe; de soumettre une série d'États satellites, non de les “dénationaliser”.

La découverte empirique de ces limites conduit à l'expérimentation d'autres formes de répression et de prévention des révoltes. D'un pays à l'autre, d'une époque à l'autre, des dosages variables sont observables: ils sont corrigés, ajustés, parfois modifiés brutalement, au risque de désorganiser la production (ainsi de la Chine du Grand Bond en avant ou de certaines étapes de la Révolution culturelle). Dosages variables et fluctuants, mais dont l'efficacité productiviste est le seul test certain (si l'on excepte les performances internationales). La formation et l'orientation politiques, la conformité idéologique offrent en effet des repères trop imprécis. La force de l'armée, la santé de la population ou son acculturation, mesurée à une certaine diffusion des connaissances, sont déjà mieux évaluables. Mais seule la production offre des repères non équivoques, si bien qu'elle sert inévitablement de test ultime, en longue période sinon à tout moment.

Par cette expérimentation empirique, les États “soviétiques” en viennent à rendre une modeste souplesse à la SC. L'athéisme devient moins militant. Des activités culturelles plus diversifiées sont tolérées. La marge de tolérance à l'égard des institutions étatiques spécialisées loin de la production, s'accroît quelque peu. La classe étatique socialiste semble “renoncer au monopole du pouvoir et faire des concessions structurelles au bénéfice de la classe des intellectuels”, comme l'écrivent deux sociologues hongrois4 qui désignent comme “classe des intellectuels” les classes de cadres de l'économie, de l'administration et de la culture. Mais il reste que, dans les périodes de crise aiguë, la soudaine floraison d'organisations autonomes distinctes du parti et des autres AE révèle les potentialités habituellement inassouvies de la SC. L'essor soudain des journaux, des radios, des cercles littéraires et autres éléments émancipés par la crise; la floraison, en tous pays, de conseils ouvriers réinventant le syndicalisme et prétendant à l'exercice d'un pouvoir ouvrier sur les entreprises; la formation d'associations estudiantines ou juvéniles; tels sont les principaux indices d'un développement social qui se traduirait par une puissante SC, n'était la contrainte communiste omniprésente, hors les temps de crise.

[N.B. Ce texte date de 1981]

 


Notes

1 - Jürgen Habermas, La Technique et la Science comme "idéologie" Ed. Gallimard, 1973, p.38.

2 - Friedrich Engels, Anti-Dühring, Ed Sociales, 1950, p.318.

3 - Pierre Massé et Pierre Bernard, Les dividendes du progrès, Ed. Seuil, 1969

4 - György Konrad et Ivan Szeleny, La marche au pouvoir des intellectuels. Le cas des pays de l'Est, Ed. Seuil, 1979, p. 189.


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