LA SOCIETE

TOME 3

***

LES APPAREILS

 


CORPS D'APPAREILS - ANNEXE JUSTIFICATIVE


CHAPITRE 8

 

DES APPAREILS A L' APPAREIL

 

 

42. [Le texte original montre que chaque série d'appareils distingue, à l'échelle d'une société définie par référence à l'Etat qui la contrôle, un ensemble d'institutions dont les variantes, parfois fort différentes d'un pays à l'autre, sont inessentielles à cette échelle.]

43. Les critères dont il a été fait usage pour distinguer les divers types d'armées, d'appareil financier, etc., relèvent-ils d'un même principe ? Et ce principe fait-il droit au rôle particulier que joue le pouvoir d'État, dans la mesure où il s'efforce d'assurer une certaine convergence des activités où se spécialisent les appareils étatiques ?

Le principe unifiant la représentation des diverséléments de l'appareil d'Etat (AE) n'apparait pas forcément au premier regard, car la typologie de chacun des appareils fait droit à des caractéristiques particulières. Ainsi, par exemple, la nature des officiers et des soldats aide à distinguer les armées; la forme des circuits I / D et M / C, déjà révélée par l'instance économique, semble commander directement la typologie de l'appareil financier, etc. Une telle référence aux particularités de chaque appareil est plus que licite, elle est indispensable, sinon l'analyse deviendrait purement formaliste. Les particularités retenues l'ont été parce qu'elles donnaient corps au principe fondamental qui a été mis en ceuvre dans chaque Appareil : les diverses formes qu'il prend expriment et modulent le rapport spécifique que cet AE entretient avec le pouvoir d'État.

[La suite du texte original vérifie cette assertion cas par cas, y compris pour les appareils idéologiques dépendants de l'Etat.]

Mais si le pouvoir d'État projette un certain ordre qui aide à l'intelligibilité des AE, qu'en est-il des appareils idéologiques (AI) non dépendants de l'Etat ? Le repérage de leurs formes fondamentales est-il subordonné à un principe général ?

Au vrai, aucun principe ne vient unifier secrètement le repérage des AI, car ils sont réellement divers. Cela ne signifie pas, pour autant, que le dessin des types d'AI ait été totalement soumis à leurs particularités respectives. En fait, trois repères ont servi à encadrer leur analyse. On peut concevoir leur développement comme une spécialisation qui, très souvent, s'amorce dans un appareil déjà existant et finit par le scinder. Ainsi les appareils scolaires, AR.L et d'assistance, apparaissent souvent comme des rameaux détachés des appareils ecclésiaux, etc. Par ailleurs, une fréquente inclusion dans l'AE aide à définir positivement les formes des appareils ecclésiaux, juridiques, scolaires et de contrôle idéologique. Mais, faut-il le souligner ? l'ouverture sur le marché est historiquement la principale contre-tendance à cette étatisation et elle affecte maints stades, pour la plupart des AI

[La suite du texte original discute des éventuelles erreurs et omissions des chapitres précédents, en vérifiant s'ils font suffisamment droit à la fonction administrative des Etats; si la distinction des affaires financières et des affaires économiques vaut d'être retenue; si l'appareil d'assistance et, plus encore, l'appareil AR.L ou le groupe des associations n'agrègent pas des institutions par trop disparates. En outre, plusieurs contre-épreuves centrées sur l'information, la police, la prison ou l'appareillage des administrations privées (la bureaucratie des entreprises, des églises, des syndicats, des partis, etc.) complètent cette recherche. Chacune de ces discussions aide à préciser le mode d'emploi de la typologie des appareils élémentaires.]

44. Dans les deux domaines, étatique et idéologique, la recherche sur le corps des appareils fera grand usage des indications données dans les chapitres précédents sur les relations qui peuvent unir les divers types d'appareils élémentaires aux logiques de la production. Ces relations énoncent des évidences historiques et logiques. Au delà des applications particulières à chaque cas, elles expriment le lien très général et très puissant entre les capacités de l'économie et le champ offert au déploiement et à la transformation des appareils. L'appareillage social suppose que des produits et des hommes soient distraits de l'économie dont la capacité contributive est définie par la logique de la production. Cet appareillage suppose, également, que la société ait à résoudre de nouveaux problèmes : l'économie contribue, pour sa part, à l'émergencc de ceux-ci. Cet appareillage suppose, enfin, une adaptation aux contraintes émanées d'une société qui se transforme et rend désuètes ou nocives certaines formes antérieures d'appareillage : derechef l'économie contribue pour sa part à la détermination de ces contraintes. Les logiques de la production synthétisent ces diverses influences qui ne peuvent pas ne pas affecter le système de appareils étatiques et idéologiques.

45. Même si l'on enchaîne de proche en proche les règles d'exclusion ou d'attraction qui sont repérables entre appareils élémentaires, on demeure loin de compte, car les corps d'appareils ne trouvenr pas en eux-mêmes leurs principales raisons d'être : ils donnent réponse à des besoins déterminés hors leur logique interne, à des contraintes externes. L'exercice du pouvoir requiert tels appareils étatiques et en exclut d'autres, devenus désuets ou inadéquats. Le fonctionnement de l'idéologie valorise tels appareils idéologiques et en déprécie d'autres. Les seules contraintes externes que nous sachions d'ores et déjà repérer sont celles qui émanent de l'économie : elles indiquent que tel groupe d'appareils élémentaires peut être associé à tel état de la structure économique ou, en d'autres termes, que tel état de l'économie permet l'existence de tels appareils et d'eux seuls. La référence aux logiques de la production a très exactement cette valeur. On peut dès à présent enrichir cette référence en observant que tout appareil étatique ou idéologique a nécessairement une dimension économique : il lui faut des ressources et des outils.

46. Les ressources dont un appareil a besoin sont soit les produits nécessaires à son fonctionnement et à la subsistance des hommes qu'il emploie, soit les recettes financières qui permettent d'acquérir ces produits. Dans leur détail concret, ces ressources sont d'une infinie diversité, mais, quitte à négliger certains aspects mineurs, il semble que l'on puisse réduire cette diversité à sept grandes catégories.


RESSOURCES DES APPAREILS

1. Propriété exploitante : propriété de moyens de production directement exploités dans l'appareil

2. Propriété rentière : propriété de moyens de production non exploités dans l'appareil

3. Vente de services marchands : contagion des formes marchandes, développées dans l'économie, à des prestations de services idéologiques

4. Dépense publique : participation aux distributions opérées par le circuit I / D

5. Subventions publiques : variante du cas précédent

6. Cotisations et dons : collectés auprès des particuliers, des entreprises. etc.

7. Dons occultes : variante du cas précédent.


[La suite du texte original détaille chacune de ces catégories, tout en l'illustrant d'exemples historiques multiples et en observant qu'en maintes circonstances les appareils élémentaires cumulent des ressources diverses.]

 47. Les outils que les appareils mettent en oeuvre relèvent de techniques aussi complexes que celles des entreprises. Mais, comme pour les entreprises, on ne s'aventurera pas dans Ie dédale des technologies : quelques moyens de travail (MT) définis à très grands traits ont suffi pour repérer les grandes mutations de l'outllage productif, quelques vecteurs définis à même échelle suffiront à caractériser, sous l'angle technique, l'infrastructure du pouvoir et de l'idéologie.

Vecteur est pris, ici, au sens nouveau que la balistique lui donné. Il y a des supports matériels qui portent au loin le pouvoir et l'idéologie. La circulation de l'idéologie est matériellement identique à la circulation des ordres et des informations qu'exprime le pouvoir : toujours, il s'agit de communiquer. Les vecteurs sont des moyens de communication. Selon l'état des forces productives dans la société, ces moyens sont essentiellement différents. Le repérage des vecteurs étalonne les forces productives dont le pouvoir et l'idéologie peuvent faire usage. Il dit les limites à l'intérieur desquelles les techniques militaires, administratives et idéologiques peuvent se déployer.

Pendant des millions d'années, l'aventure sociale des homme n'a produit qu'un seul vecteur, la tradition orale. Ainsi, la parole a été le propre d'innombrables communautés pré-étatiques, mais elle a également dû satisfaire aux besoins des premières sociétés en voie d'étatisation, car l'État a commencé de naitre avant l'écriture. La tradition écrite a permis de transmettre à distance un reflet authentifiable de la parole d'un individu donné : par exemple, des ordres d'un prince, destinés à ses représentants lointains; et, de ce fait, elle a distendu l'aire du pouvoir, comme celle de l'idéologie. Transposé dans le temps, ce même effet à distance a fait, de l'écrit, le support matériel d'une mémoire coliective. De plus, l'écrit a donné à la communication de nouvelles dimensions, hors l'espace et le temps naturels. Il a fondé (ou, en tout cas, il a rénové et infiniment élargi) l'espace-temps de la pensée. La chose écrite s'offre, mieux que toute autre réalité, à la réflexion, à la répétition inlassable du regard porté sur les choses pour en tirer raison. D'autre maniere encore, on peut dire de l'écrit qu'il a ouvert la voie à la dépersonnalisation de la communication; il a rompu le lien interpersonnel qui, fût-il médiatisé par des messagers, n'en était pas moins au principe de toute tradition orale.

Si j'ai désigné le second vecteur comme tradition écrite, c'est pour marquer le caractère encore très élitique de ce moyen de communication. Dans leur majorité, les agents (non militaires) des divers appareils se rangent dans cette élite, tandis qu'à l'inverse la masse de la population en demeure longtemps exclue. Il n'en ira plus de même avec le troisième vecteur qui est la transmission imprimée. Quand celle-ci devient d'usage courant, la diffusion qu'elle autorise rompt les traditions anciennes. La parole et la personne, agents immédiats de la tradition orale, sont surclassées par ce vecteur impersonnel. Les limites étroites où la traditian écrite demeurait enfermée sont rompues. L'imprimé prolifère et se diffuse aisément de tous côtés. Avec ce vecteur, c'est désormais de transmission qu'il faut parler.

La révolution industrielle donne un élan accru à la transition imprimée et fournit également toute une série de nouveaux supports matérlels et de nouvelles techniques de communication, si bien que la transmission imprimée finit par apparaître comme un moyen parmi d'autres. Ce foisonnement ne peut être réduit sans artifice à une caractéristique unique. L'ensemble des vecteurs qui opèrent simultanément et qui se soutienncnt et se concurrencent réciproquement, me paraît constituer un stade nouveau, celui de la transmission par médias spécialisés.

A cet égard, une étape nouvelle est franchie lorsque la télévision devient d'usage courant. En effet, la transmission télévisuelle se subordonne la plupart des autres vecteurs. Elle porte le cinéma à domicile, elle surclasse la radio en plusicurs de ses emplois, elle concurrence durement la presse et le livre. Tout ce qui est retransmis par son canal prend la forme d'une communication spectaculaire. Qu'elle médiatise l'information sur l'actualité, le débat politique ou les activités littéraires et scientifiques, dans tous les cas, un élément de spectacle se glisse subrepticement dans le message diffusé.

[La suite du texte original souligne que la transmission ainsi médiatisée se répand aisément dans les sociétés les plus diverses en offrant à l'Etat et à diverses activités idéologiques un ressort très supérieur à celui que le développement économique local autoriserait.]

[Le texte original est de 1978. Depuis lors, la diffusion de la micro-informatique et des réseaux les interconnectant (internet, mais aussi de multiples "intranets") a fait poindre un nouveau vecteur, celui de la transmission informatisée. Toutefois, il faut souligner qu'en cette fin de 20è siècle, la plupart des AE et presque tous les AI en sont encore à expérimenter l'emploi de ce vecteur, quand, du moins, ils entreprennent déjà de s'en servir.]

 48. De toute évidence, le développement des vecteurs conditionne la multiplication et la maturation des appareils. Encore faut-il que ces nouveaux repères puissent être combinés avec ceux que nous offrent, déjà, les logiques de la production, mais ce point ne fait pas difficulté tant les corrélations entre ces deux séries de repères sont historiquement évidentes; d'où le tableau ci-après :


LOGIQUES ECONOMIQUES ET VECTEURS

 1. Logique de VU - tradition orale ou tradition écrite

2. Transition VU-VE - tradition écrite ou transmission imprimée

3. Logique de VE -transmission imprimée ou transmission par médias spécialisés, puis par télévision [et par réseau informatique]

4. Transition VE-VD - transmission par médias spécialisés, puis par télévision [et par réseau informatique]


ANNEXE

 

LES CORPS D'APPAREILS

[N.B. - La présente annexe rassemble des extraits des quatre annexes de l'édition originale. Le rassemblement des AE élémentaires éxaminés jusqu'ici perme d'apercevoir les corps formés d'appareils distincts qui constituent, à un stade donné, l'ensemble de l'Appareil d'Etat, dans la société considérée. Pour attirer l'attention sur ce changement d'échelle, le terme corps sera composé en caractères grs ]

 

§ 1 - DONNEES
[Le texte original récapitule les données établies par les chapitres 2 à 7 ci-avant et les combine en tenant compte des diverses corrélations qu'ils ont notées pour chacune des formes élémentaires dans chaque série : appartenance potentielle à l'AE, à l'AI ou à ces deux corps d'appareils; corrélations avec les diverses logiques de la production;utilisation des divers vecteurs; nature des ressources acquises cas par cas. Ces combinaisons dessinent des corps d'appareils (d'Etat ou Idéologiques) dont il reste à discerner les différentes phases]

§ 2 - APPAREILS D'ETAT

Zone 1 : sociétés soumises à la logique de VU

Pour distinguer les divers corps d'appareils d'Etat, il est fait usage des discriminants détaillés ci-dessous. Si l'on excepte l'appareil écclésial que l'on retrouvera au § 3 ci-après, le premier discriminant tient à l'existence ou non d'une armée permanente. Il permet de distinguer


1 - les corps d'AE encore embryonnaires (sans armée permanente)

2 - les corps d'AE déjà militaires (avec armée permanente)


Zone 2 : sociétés soumises à la logique de la transition VU-VE

Ensuite, lorsque certains éléments nouveaux apparaissent conjointement dans la composition des corps d'AE ayant déjà atteint le stade militaire, ces corps accèdent à une qua1ité nouvelle et donc à une catégorie aouvelle, lorsqu'un nouveau discriminant apparait. Ce dernier intéresse simultanément le noyau, l'appareil financier, l'appareil juridico-judiciaire et l'appareil des affaires locales. Si, en effet,

Noyau = 2A ou 2B, ce noyau qui atteint ou dépasse le stade de la chance11erie, implique qu il y a des bureaux, des services et des antennes locales (le tout, de formes diverses) qui sont à régir et à contrôler;

Finances = 2, cet appareil financier peut n'être encore qu'un "ramassis de caisses", mais il n'en brasse pas rnoins les ressources fiscales monétarisées nécessaires à 1'entretien d'un corps d'AE déjà comp1exe;

Juridico-judiciaire = 2, cette spécialisation de l'appareil judiciaire a pour corollaire une certaine juridification de l'activité administrative;

Affaires locales = 1b ou 1c, l'État est en mesure d'étendre son emprise sur une aire assez vaste, dont néanmoins le centre ne perd pas le contrôle. Toutefois, dans les sociétes très courtes, comme les cités médiévales itaiiennes, ce quatrième élément fait naturellement défaut.

D'où un troisième type de corps d'AE qui peut apparaître sous la transition VU-VE et qui se déploie nécessairement sous la logique de VE :


3 - les corps d'AE militaires et bureaucratiques (avec armée permanente et avec la gamrne d'appareils définie par le nouveau discriminant ci-dessus)


Zone 3 : sociétés soumises à la logique de VE

Les sociétés soumises à la logique de VE subissent de son fait une transformation profonde dont l'AE porte trace. Dans un premier temps, à dominante libérale, l'Etat se tient à distance de l'économie; dans un second temps, il est contraint d'y intervenir de plus en plus activement. Cette intervention a pour effet la maturation de l'appareil des affaires économiques qui prend sa forme 3 et le plein développement de l'appareil financier qui atteint sa forme 4. Les corps d'AE où s'opère la conjonction de ces deux formes ne sont plus seulement militaires et bureaucratiques, ils sont aussi financiers. Par ailleurs, les Etats divergent en matière d'organisation administrative, selon que la centralisation ou l'autonomie locale caractérisent celle-ci. D'où deux distinctions, valables pour la logique de VE et qui se recoupent :


4a - les corps d'AE militaires et bureaucratiques

4b - les corps d'AE militaires, bureaucratiques et financiers (si Eco 3 et Finances 4)

4c - les corps d'AE centralisés (appareil des Affaires locales de forme 2a)

4d - les corps d'AE à autonomie locale (appareil des Affaires locales de forme 2b)

[Autrement dit les sociétés à ce stade de développement disposent d'un corps d'AE qui présente l'une des associations suivantes (selon la nomenclature des lignes ci-avant) : 4a + 4c ou bien 4a + 4d ou bien 4b + 4c ou bien 4b + 4d ]


Zone 4 : sociétés soumises à la logique de la transition VE-VD

Quand s'affirme la transition vers VD, un nouveau discriminant résulte de la conjonction d'un appareil de gestion et de planification (Eco 4):et d'un appareil financier totalement étatisé (Fin. 5), ce qui implique une tutelle générale de l'économie par l'Etat. Mais ce discriminant ne concerne pas les sociétés où prédomine le MP capitaliste monopoliste. D'où ces distinctions propres à la transition VE-VD :


5a - les corps d'AE militaires, bureaucratiques et financiers (si Eco 3 et Finances 4)

5b - les corps d'AE militaires, bureaucratiques, financiers et planificateurs (si Eco 4 et Finances 5)

5c - les corps d'AE centralisés (appareil des Affaires locales de forme 2a)

5d - les corps d'AE à autonomie locale (appareil des Affaires locales de forme 2b)

[Autrement dit les sociétés à ce stade de développement disposent d'un corps d'AE qui présente l'une des associations suivantes (selon la nomenclature des lignes ci-avant) : 5a + 5c ou bien 5a + 5d ou bien 5b + 5c ou bien 5b + 5d ]


Une présentation simplifiée des corps d'AE est donnée par le tableau ci-après


§ 3 - APPAREILS IDEOLOGIQUES

 

Zone 1 : sociétés soumises à la logique de VU

 La nature de l'appareil ecclésial fournit un discriminant à retenir. D'un côté, on notera les corps d'AI où figure une église de forme l, c'est-à-dire une église confondue avec l'Etat, comrne dans les Temples-États. D'un autre côté, on rangera les corps d'AI où l'appareil ecclésial est d'une autre forme. Dans les deux cas, il s'agit évidemment d'AI embryonnaires, puisque l'appareil ecclésial monopolise pratiquement tout le travail idéologique spécialisé hors les conmunautés primitives.


1 - Al embryonnaire (avec ÉGL 1)

2. AI ernbryonnaire (sans ÉGL 1)


Zone 2 : sociétés soumises à la logique de la transition VU-VE

Dès la transition VU-VE, le corps des appareils idéologiques commence à prendre uae certaine consistsnce hors l'AE :

– les formes ecclésiales 4, 5 et 6 - et parfois aussi la forme 3 - impliquent qu'une ou plusieurs des eglises existantes débordent du territoire contrôlé par l'Etat;

– l'existence d'une activité idéologique marchande échappe à la tutelle directe de l'État, sinon à son contrôle; elle se manifeste avec les éléments AR.L 2, Juridico-judiciaire de forme 2, Edition 2 et même avec les éléments scolaires de forme 1 ou surtout 2;

– la diversification des activités intellectuelles, plus ou moins dégagées des préoccupations étatiques, se repère aux éléments scolaires et éditoriaux déjà notés, ainsi qu'à la formation de l'élément Recherche l.

Il suffit que la plupart de ces changements soient établis, y compris la rupture du lien exclusif entre l'Etat et l'appareil ecclésial, pour que l'on soit en présence d'une nouvelle catégorie d'AI qus l'on dira religieux. A défaut de ces novations, le corps d'AI demeure de l'une des formes embryonnaires déjà notées, même s'il s'épaissit quelque peu. D'où :


2 - AI religieux (si EGL = ou > 3 et si plusieurs des éléments JUR 2 / AR.L 2 / ÉDIT 2 / SCOL 2 / REC 1 sont effectivement développés)


Zone 3 : sociétés soumises à la logique de VE

Quand la logique de VE est bien établie, on doit prêter attention à trois changements significatifs dans le foisonnement général des appareils idéologiques élémentaires :

- la scolarisation qui se généralise par la transition de Écoles 2 à Écoles 3;

- la presse qui s'épanouit avec Édition 3;

- les associations qui prolifèrent (Associations 2).

Quand ces changements s'ppèrent, un nouveau type de corps d' AI prend forme :


3 - Al scolaire (si SCOL > 2, ASSO 2 et ÉDIT 3)


Zone 4 : sociétés soumises à la logique de la transition VE-VD

Un dernier discriminant est à noter : la conjonction des éléments ASSO 3 et IDÉO 3 caractérise les corps d'AI gouvernés, c'est-à-dire soumis de par leur structure même a une étroite tutelle étatique dont les leviers peuvent d'ailleurs étre variables (parti unique, neo-corporatisme, prohibition des associations, etc.). Ainsi se forme le type :


4 - Al gouvernés (ASSO 3 et IDEO 3)

Un regroupement, analogue à celui des corps d'AE permet de classer les corps d'AI comme le montre le tableau ci-après :

 

§4 - REGROUPEMENT

En tenant compte des logiques de production sous lesquelles ils peuvent s'épanouir, les corps d'AE et ceux d'AI peuvent être regroupés pour embrasser d'un seul regard la totalité de l'appareillage d'une société donnée.


§ 5 - FORMATIONS ECONOMIQUES ET APPAREILS
[D'autres extraits des annexes du tome 3 - consacrés aux connexions entre les formations économiques et les corps d'appareils rassemblés par le tableau ci-dessus - figureront sur la prochaine page]

Précédent Suivant
MACROSOCIOLOGIE / INTERVENTIONS/ LA SOCIETE


LA SOCIETE / Présentation / Tome 1 (Une théorie générale) / Tome 2 (Les structures économiques)

Tome 3 (Les Appareils) / Tome 4 (Les classes) / Tome 5 (Les Etats) / Tome 6 (Les structures idéologiques)


LA SOCIETE - Tome 3 / Page 1 : Problématique - Les Armées / Page 2 : Finances - Justice - Affaires locales et étrangères / Page 3 : Associations - Eglises - Ecoles / Page 4 : Edition - AR.L. - Noyau - Autres Appareils /

Page 5 : Corps d'appareils - Annexe justificative / Page 6 : L'appareillage des sociétés / Page 7 : A propos du tome 3 (note de 2000)